Ce mardi 21 avril 2026, les médias espagnols et portugais amplifient une rumeur aux allures de bombe : José Mourinho, entraîneur de Benfica depuis le 18 septembre 2025, serait dans la ligne de mire du Real Madrid pour prendre la tête du club merengue à compter de la saison 2026-2027. Selon le quotidien espagnol Marca, Florentino Pérez cherche activement un successeur à Álvaro Arbeloa, promu entraîneur principal début 2026 après le départ de Xabi Alonso, et aurait coché le nom du technicien portugais de 63 ans.
Le timing est saisissant. Moins de 48 heures après le derby entre Sporting CP et Benfica, remporté sur le fil par les Aigles (2-1, but Rafa Silva, 90+3′), Mourinho se retrouve propulsé sous les projecteurs non pas pour ses résultats sur le banc benfiquiste, mais pour ce qu’il pourrait représenter au Bernabéu. A Bola, citant les sources madrilènes, rapporte que la piste « n’est pas une plaisanterie ». L’entourage du technicien n’a pas démenti.
Florentino Pérez, la piste Mourinho et la crise du Real
Le Real Madrid traverse une saison décevante. Álvaro Arbeloa, promu entraîneur principal après le départ de Xabi Alonso à mi-saison, n’est pas parvenu à relancer une équipe qui terminera la Liga sans titre, une rareté qui pèse lourd dans la culture de l’exigence madrilène. C’est dans ce contexte de turbulences que Mourinho réapparaît dans le radar de Florentino Pérez, avec qui il avait déjà travaillé entre 2010 et 2013, décrochant une Liga (2011-2012) et une Copa del Rey (2010-2011).
Aucun contact officiel n’a toutefois été établi entre les deux parties. Selon le Record, à Madrid comme à Lisbonne, on en est au stade de la spéculation nourrie par la conjonction de trois éléments : la crise sportive du Real, la clause contractuelle particulière liant Mourinho à Benfica, et la performance remarquable du technicien sur les bords du Tage. La simple émergence de son nom suffit à agiter l’environnement benfiquiste à l’approche des quatre dernières journées de championnat.
Un retour à Benfica aux allures de roman
L’histoire de Mourinho à Benfica en 2025-2026 possède déjà sa propre dramaturgie. Licencié de Fenerbahçe à l’été 2025, après que le club turc eut été éliminé des qualifications de la Ligue des Champions par Benfica elle-même, le « Special One » avait rebondi en septembre en signant un contrat de deux ans avec son premier grand club d’entraîneur, celui qui l’avait lancé en 2000. Ce retour aux sources, vingt-cinq ans après son premier passage à Lisbonne, a produit une série de 29 matchs sans défaite en Liga Portugal, propulsant Benfica en deuxième position du classement avec 72 points.
Le contrat comporte une clause peu commune : les deux parties peuvent décider de mettre fin à leur collaboration dans les dix jours suivant le dernier match de la saison. Une disposition qui prend un relief particulier au vu des appels du pied madrilènes. Mourinho lui-même a laissé planer le doute lors de ses dernières sorties médiatiques, refusant de garantir son avenir au-delà de juin 2026.
Benfica entre fierté et inquiétude
Du côté de l’Estádio da Luz, l’ambiance oscille entre fierté pour un entraîneur courtisé par l’un des plus grands clubs du monde et inquiétude pour la suite. Si Mourinho devait partir en juin, Benfica se retrouverait à reconstruire un projet technique en pleine intersaison, avec des conséquences potentielles sur le recrutement estival et la préparation pour la Ligue des Champions. Le club a d’ores et déjà réagi dans la presse, qualifiant certaines couvertures médiatiques de « campagne honteuse ».
La direction semble déterminée à prolonger l’aventure avec son coach vedette. Mourinho, de son côté, a tout à perdre à quitter un projet en plein essor pour une équipe du Real Madrid en reconstruction. Mais le prestige du Bernabéu et la tentation de retrouver le sommet du football européen restent des arguments que peu de techniciens savent ignorer indéfiniment. Benfica reste suspendu à une décision qui ne devrait pas tarder à se préciser dans les semaines suivant la fin de saison.
Le feuilleton Mourinho au Real Madrid a été écrit et réécrit sans jamais se concrétiser depuis son départ de Madrid en 2013. Mais en 2026, avec un Florentino Pérez en quête urgente d’un grand nom et un « Special One » dont l’avenir contractuel porte une clause de sortie explicite, le scénario d’un départ est plus crédible que jamais. Benfica saura-t-il conserver son architecte tactique pour aller chercher le titre qui lui échappe depuis 2023 ?