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Portugal – France : les bons amis font les bons comptes

Comme en 2016, le Portugal figure parmi les meilleurs troisièmes de l’Euro. Suffisant pour se qualifier pour le tour suivant, mais assez pour aller jusqu’au bout ?

Portugal-France

Au terme d’une rencontre mouvementée à Budapest, le Portugal et la France se sont quittés dos-à-dos. Troisième de son groupe, la Seleção affrontera la Belgique en huitièmes de finale ce dimanche.

Conclusion de ce Groupe F sous haute tension. Hier soir, de nombreux scénarios se sont dessinés. Sauf la qualification de la France déjà actée, tout aurait pu basculer pour l’Allemagne, le Portugal et la Hongrie. Portugais et Allemands ont même trusté la quatrième place pendant plusieurs minutes, la faute à des Hongrois qui venaient courageusement jouer les trouble-fête. Finalement, c’est bien la France, l’Allemagne et le Portugal qui se sont qualifiés pour les huitièmes de finale.

Choix logiquement payants

Au coup d’envoi, Renato Sanches et João Moutinho remplacent William Carvalho et Bruno Fernandes, tous deux auteurs d’un début de compétition décevant. Forcément, avec un joueur plus percutant comme Renato, en lieu et place du milieu du Real Betis, tout a été plus fonctionnel dans l’entrejeu. Paul Pogba et N’Golo Kanté, d’habitude si souverains, se sont très souvent heurtés à un mur.

Renato Sanches dans ses oeuvres.

Après deux entrées en jeu plus que convaincantes, le Lillois vient cette fois-ci de confirmer sa place de titulaire indiscutable. À ses côtés, nous avons donc pu retrouver João Moutinho. Le Wolves, second joueur le plus capé de l’histoire de la sélection, a été bien plus intéressant que Bruno Fernandes, dans un tout autre registre évidemment. Plus d’une vingtaine de sélections plus tard, le milieu prolifique des Red Devils n’a toujours pas su retranscrire son rythme de croisière en club sous la tunique de la sélection.

Une solution qui cache un problème

En l’espace de trois jours, le Portugal a affiché un bien meilleur visage que ce qui nous a été donné de voir en Bavière. Rien de révolutionnaire, mais moins d’espaces concédés, grâce notamment aux efforts de Bernardo Silva qui venait couvrir Nélson Semedo, et Diogo Jota qui devenait presque latéral gauche sur certaines phases de jeu. Cependant, ce point positif pose maintenant un autre problème. L’équipe quadrille mieux le terrain certes, mais les offensives portugaises en pâtissent forcément.

Bernardo, et surtout Jota, se retrouvent à être davantage félicité pour leur contribution défensive, plutôt que leurs potentielles prouesses dans les trente derniers mètres. À droite, le Cityzens parvient, grâce à son talent individuel, à se créer quelques occasions, mais tout est bien plus compliqué pour le Reds. Peu percutant, dédoublant trop peu souvent, et approximatif balle au pied, il a sûrement été, comme face à la Hongrie, le Portugais qui a rencontré le plus de difficultés.

Un constat d’autant plus frustrant car le côté droit de l’équipe de France, représentait justement le point faible des hommes de Deschamps. Avec Tolisso et Koundé sur le flanc, Fernando Santos aurait pu venir titiller ce couloir-là avec un ailier de métier, comme Rafa Silva ou Gonçalo Guedes.

Diogo Jota, au duel face à Corentin Tolisso.

Palhinha marque des points, quid de João Félix ?

Danilo Pereira assommé par le coude d’Hugo Lloris en pleine mâchoire, le Portugal a préféré jouer la sécurité en le sortant à la mi-temps. João Palhinha, sentinelle du Sporting CP, a donc pu disputer ses premières minutes lors de cet Euro. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dernier s’est montré intéressant. Par son impact physique, un rush solitaire digne de Rui Costa ou sa qualité de passe et de relance, le Lisboète a fait forte impression.

Cette performance, pourrait lui offrir une place dans le onze portugais, malgré que Danilo, seule pointe basse hier soir, ait été bien meilleur qu’au côté de William Carvalho.

João Palhinha infligeant un petit pont à Paul Pogba. Titulaire pour les prochaines échéances du Portugal ?

Un autre João, Félix cette fois-ci, était une nouvelle fois sur le banc. Sans nouvelles sur son état physique, il n’a toujours pas disputé la moindre minute lors de cette compétition. Espérons pour le bien des deux partis, qu’il puisse revenir très rapidement; son bagage technique manque cruellement à la sélection.

Pour la suite des échanges, ce sera la Belgique de Roberto Martinez qui se dressera face à la Seleção. Évoluant dans un système semblable à celui de l’Allemagne, le Portugal aura fort à faire. Les huitièmes de finale sont synonymes de nouvelle compétition et pour aller jusqu’au bout, le chemin sera difficile.

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